Jean Chrysostome, IVe siècle

Homélie qu'il ne faut anathémiser ni les vivants ni les morts

Homily That One Must Not Anathematize Either the Living or the Dead / Беседа о том, что не должно анафематствовать ни живых, ни мертвых

1. Récemment j'ai traité et développé enlongs discours la question de l'incompréhensibilité divine;j'ai prouvé par les textes de l'Ecriture comme par des raisonnementsnaturels que la compréhension de la divinité reste inaccessiblemême aux puissances célestes, je veux dire à ces êtres,qui, dégagés de tout élément matériel,jouissent de la vie bienheureuse. Et pourtant nous, qui passons notre viedans la mollesse et l'abrutissement, qui nous jetons en toute sorte d'iniquités,nous prétendons atteindre à cela même qui demeure profondémentinconnu aux substances spirituelles. Et, dans cette grande entreprise,nous prenons pour unique point d'appui le discernement de notre jugementpersonnel et la futile renommée que nous feront nos auditeurs; sansdéterminer par la réflexion la mesure de nos forces naturelles,sans suivre l'Ecriture ni les Pères, mais entraînéspar la fantaisie de nos opinions comme par un torrent débordé,nous nous précipitons dans une faute capitale. Voyons maintenant! après que nous aurons disserté sur l'anathème autantqu'il vous sera utile, après que nous vous aurons démontréla gravité d'un mal que vous regardez comme une bagatelle, il faudraque nous mettions un frein à des langues qui ne veulent pas s'arrêter,que nous

1 Cependant l'édition Gaume (tome I, p. 845) refuse cette homélieà saint Chrysostome parce qu'on n'y trouve pas ses pensées,son argumentation et son langage.

dévoilions à tous les regards la plaie cachée quebon nombre d'entre nous portent dans leurs âmes sans y penser etsans rien faire pour la guérir. Nous sommes tombés dans unétat si misérable que, réduits à la dernièreextrémité du mal, nous ne savons pas vaincre les plus honteusespassions : de la sorte s'accomplit en nous la parole du Prophète:Il n'a été appliqué aucun remède sur notreblessure, elle n'a point été bandée ni adoucie avecde l'huile.

Par où donc commencerai-je à parler de ce mal? Partirai-jedes prescriptions et des commandements du Seigneur ou bien de votre sotteignorance et de votre abrutissement? Et, quand j'ouvrirai la bouche, neserai-je point raillé et moqué comme un fou? Ne serai-jepoint accueilli par des huées, quand j'aborderai ce sujet si tristeet si digne de larmes? — Que faire ? — Je souffre; je sens mon coeur serompre, mes entrailles se déchirer à la vue de tant de stupidité! nous laissons loin derrière nous l'obstination judaïque etl'impiété païenne. Je vois des hommes qui n'ont ni laraison formée par l'étude des saintes Ecritures, ni mêmela première teinture de cette science sacrée; des fous, desbaladins, des gens qui ne savent ce qu'ils disent ni de quoi ils parlent(I Tim. I, 7); je les vois n'ayant pas d'autre courage que celui de dogmatiserà tort et à travers, et de crier anathème àce qu'ils (445) ignorent; aussi les ennemis de la foi se raillent-ils denous, parce que, disent-ils, nous ne prenons aucun souci de réglersagement notre vie et de nous instruire dans la pratique des bonnes oeuvres.

2. Hélas ! que tout cela m'est dur ! Que de justes et de prophètesont désiré voir ce que nous voyons et ne l'ont point vu;ont désiré entendre ce que nous avons entendu et ne l'ontpoint entendu ! (Matth. XIII, 17.) Et nous, de tout cela nous faisons unjeu. Prenez au sérieux, je vous e ri conjure, l'Evangile qui vousa été prêché, de peur de vous perdre àjamais. Si l'alliance publiée par les anges demeura inviolable etsi la prévarication et la désobéissance reçurentautrefois la rétribution méritée, comment échapperions-nousà la vengeance en négligeant les immenses grâces desalut qui nous sont offertes ? Dites-moi, quel est le but de l'Evangilede la grâce? Pourquoi Dieu est-il venu en chair ? Est-ce pour nousapprendre à nous mordre et à nous dévorer les unsles autres ? Non ; la charité est d'autant plus exigée denous que le christianisme est de tout point plus parfait que les prescriptionslégales de l'ancienne alliance. L'une dit: Vous aimerez votre prochaincomme vous-même (Lévit. XIX, 18 ; Matth. XXII, 39) ; l'autrenous dit de mourir pour notre prochain. Ecoutez les propres paroles deJésus-Christ : Un homme qui descendait de Jérusalem àJéricho tomba entre les mains des voleurs qui le dépouillèrent,le couvrirent de plaies et s'en allèrent, le laissant à demi-mort.Il arriva ensuite qu'un prêtre qui descendait par le même chemin,Voyant aperçu, passa outre.. Un lévite, étant aussivenu au même lieu, et l'ayant considéré, passa outrepareillement. Mais un samaritain qui voyageait, étant venu àl'endroit où était cet homme et l'ayant vu, fut touchéde compassion. Il s'approcha donc de lui; il versa de l'huile et du vindans ses plaies et les banda ; et, l'ayant mis sur son cheval, il le menadans une hôtellerie où il eut grand soin de lui. Le lendemain,en s'en allant, il tira de sa bourse deux deniers qu'il donna àl'hôte en lui disant Ayez soin de cet homme ; et tout ce que vousdépenserez de plus, je vous le rendrai à mon atour. Lequelde ces trois vous semble-t-il avoir été le prochain de celuiqui tomba entre les mains des voleurs ? — L'autre répondit C'estcelui qui a exercé la charité envers lui. Allez donc, ditJésus, et faites de même. (Luc, X, 30-37.) Seigneur ! quelprodige ! Ce n'est pas le prêtre, ce n'est pas le lévite queJésus appelle le prochain; mais l'homme que repoussait la loi desJuifs, le samaritain, l'étranger, le blasphémateur de laloi, voilà le seul qui soit appelé le prochain , parce qu'enlui seul s'est trouvée la miséricorde. C'est ce qu'a enseignéle Fils de Dieu; c'est aussi ce qu'il a montré par ses oeuvres envenant sur la terre ; il est mort non-seulement pour les siens, pour desamis, mais encore pour ses ennemis, pour des tyrans, pour des imposteurs,pour ceux qui le haïssaient et le crucifiaient, pour ceux qu'il connaissaitcomme tels dès avant la création du monde; il les créa,bien qu'il sût d'avance ce qu'ils devaient être un jour, faisantcéder sa prescience à sa bonté; pour eux il versason sang, pour eux il accepta une mort cruelle. Le pain, dit-il, est machair que je donnerai pour la vie du monde. (Jean, VI, 52.) Et saint Pauldit dans l'Epître aux Romains : Lorsque nous étions ennemisde Dieu, nous avons été réconciliés avec luipar la mort de son Fils (Rom. V, 10) ; il dit encore dans l'Epîtreaux Hébreux que le Christ a goûté de la mort pour toutesles créatures. (Hébr. II, 9.)

Si le Christ a fait une pareille œuvre de miséricorde, et sil'Eglise en reproduit chaque jour l'image en adressant à Dieu dequotidiennes supplications pour tous les hommes, comment osez-vous direanathème? Qu'est-ce en effet que cet anathème qui sort devos lèvres ? Examinez ce que vous dites, appréciez vos expressionset reconnaissez-en l'énergie ! Vous trouvez dans les saintes Ecrituresqu'il est dit de Jéricho : Vous livrerez la ville entièreen anathème au Seigneur votre Dieu. (Josué, VI, 17.) Cheznous a prévalu jusqu'à présent la coutume généralede dire : un tel, en commettant telle action, a encouru l'anathèmede telle manière. Est-ce là vraiment l'anathème ?Etre livré en anathème à Dieu-s'emploie le plus souventen bonne part. Mais qu'est-ce que l'anathème que vous proférez? il signifie que vous souhaitez à tel ou tel d'être livréau démon, de n'avoir jamais part au salut, de devenir étrangerau Christ.

3. Qui êtes-vous donc? Quelle puissance et quelle autoritéavez-vous? Est-ce que le Fils de Dieu va tout à l'heure siégerpar vos ordres pour opérer la séparation de ses brebis, pourmettre les unes à sa droite et repousser les (446) autres àsa gauche ? Pourquoi usurpez-vous cette dignité éminenteà laquelle ne participent que le collège des apôtreset ceux qui par une exacte perfection se montrent leurs vrais successeurs,remplis de grâces et de vertus ? Ceux-là, observant avec soinle précepte évangélique, ne rejettent du sein de l'Egliseles hérétiques que de la manière qu'ils s'arracheraientà eux-mêmes 1'œil droit; ils montrent la pitié et ladouleur qu'ils ressentent, comme s'ils se coupaient un membre gangrené.Le Christ appelle cela s'arracher l'œil droit, pour indiquer quelle commisérationdouloureuse doivent éprouver ceux qui ont charge de retrancher;de l'Eglise les hérétiques. En cela comme en tout le reste,les hommes apostoliques se conduisaient avec une prudence consommée;ils repoussaient l'hérésie en la réfutant, mais ilsn'infligeaient à aucun hérétique le châtimentde l'anathème. L'Apôtre n'emploie cette expression qu'en deuxendroits ; encore paraît-il ne l'avoir proférée quesous la pression de la nécessité, et, de plus, il ne l'appliquepas à telle ou telle personne spécialement désignéequand il écrit aux Corinthiens : Si quelqu'un n'aime pas Notre-SeigneurJésus-Christ, qu'il soit anathème (I Cor. XVI, 22) ; et auxGalates : Si quelqu'un nous annonce un autre Evangile que celui que vousavez reçu, qu'il soit anathème. (Gal. I, 3.)

Quoi donc ! ce que n'a osé décider et accomplir aucunde ces hommes qui en avaient le plein droit, vous osez le faire, vous osezfaire acte d'opposition aux mérites de la mort du Seigneur, vousosez prévenir la sentence du Maître ! Voulez-vous savoir cequ'a dit un saint personnage, qui, avant nous, reçut l'héritagetraditionnel des apôtres et fut jugé digne du martyre? Pourfaire ressortir la gravité de ce mot d'anathème, il se sertde la comparaison suivante : De même, dit-il, qu'un simple particulier,s'il usurpe la pourpre royale, mérite la mort pour lui et pour lescomplices de son attentat, de même ceux qui, abusant de la sentencedu Maître, prétendent rendre un homme anathème àl'Eglise ; se précipitent eux-mêmes à leur perte, parcequ'ils empiètent sur les droits réservés au Fils deDieu. Pensez-vous donc que ce soit une petite affaire que de frapper votreprochain d'une pareille sentence avant le temps marqué, avant l'arrivéedu vrai Juge? L'anathème sépare complètement du Christ.Mais que disent, pour s'excuser, ces gens toujours audacieux pour le mal? C'est un hérétique , s'écrient-ils , il loge enlui le diable ; il profère contre Dieu des horreurs; par les caresseset les misérables artifices de sa parole il entraîne touteune foule à l'abîme de la perdition; c'est pourquoi les Pèresl'ont banni de l'Eglise, lui et surtout son maître qui a fait schismedans une portion de l'Eglise. Voilà comment ils parlent soit surPaulin, soit sur Apollinaire. En insistant sur le schisme de chacun d'eux,ils parviennent assez facilement à éviter la note de nouveautéet à montrer comment l'erreur a pris pied et empire dans les secrets,replis d'une opinion préconçue et téméraire.Enseignez, dit saint Paul, en reprenant avec modestie ceux qui résistentà la vérité, dans l'espérance que Dieu pourraleur donner un jour l'esprit de pénitence pour la leur faire connaître;et qu'ainsi revenant de leur égarement ils sortiront des piégesdu démon qui les tient captifs pour en faire ce qu'il lui plaît.(II Tim. II, 25.) Déployez donc le filet de la charité; nejetez pas le boiteux à terre, gué, rissez-le plutôt.Prouvez que vous voulez, par un sentiment de générosité,rendre commun à tous le bien qui vous est propre. Jetez la douceamorce d'une sympathique pitié; et, après avoir sondéles replis cachés de l'erreur, retirez du gouffre de perdition l'infortunéqui se noie dans les fausses opinions Corrigez, comme opposé àla tradition apostolique, ce que le préjugé ou l'ignorancefait passer pour vrai. Et, si le malheureux qui avait adopté l'erreurveut accueillir votre enseignement, il vivra de la vraie vie; vous aurezsauvé son âme. (Ezéchiel, III, 21.)

S'il refuse, s'il résiste et s'opiniâtre, contentez-vouspour mettre à couvert votre responsabilité de rendre témoignageà la vérité avec douceur et patience; dès lorsle Juge souverain n'aura plus à vous réclamer l’âmede votre frère. Point de haine ! point d'aversion ! point de persécution! Faites preuve d'u franche et vraie charité : il y a un gain quine vous échappera pas; car lors même vous n'obtiendriez aucunautre résultat, favorable , sachez que c'est un beau profit un gainmagnifique que de pratiquer charité et d'enseigner la doctrine duChrist. C'est en cela que tous connaîtront que vous êtesmes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres. (Jean,XIII, 35.) Otez la charité, et ni la science des mystèresde Dieu, ni la (447) foi, ni le don de prophétie, ni la pauvreté,ni le martyre ne vous serviront de rien.; l'Apôtre l'a déclaréen ces termes: Quand je pénétrerais tous les mystères, quand je posséderais la science parfaite et une foi telle queje pusse transporter les montagnes, si je n'ai pas la charité, toutcela ne me servirait de rien. Quand je parlerais le langage des anges,quand j'aurais distribué tout mon bien aux pauvres et livrémon corps pour être brûlé, si je n'ai pas la charité,je ne suis rien. La charité est bénigne et sans enflure;elle ne cherche pas ses propres intérêts; elle supporte tout,elle croit tout, elle espère tout , elle souffre tout. (I Cor. XIII,1-4.)

4. Mes bien-aimés , aucun de vous n'a montré pour Jésus-Christun amour pareil à celui de cette sainte âme ; jamais une créaturehumaine n'a prononcé de paroles semblables à celles qui ontjailli du coeur de saint Paul, de ce coeur tout embrasé de charité.Il s'écriait: J'accomplis en ma chair ce qui reste à souffrirà Jésus-Christ (Colos. I, 24) ; Je souhaiterais de devenirmoi-même anathème, à l'égard de Jésus-Christ,pour le salut de mes frères. (Rom. IX, 3.) Qui souffre parmi vous,sans que je souffre moi-même ? (II Cor. XI, 29.) Eh bien ! malgrécet ardent amour de Dieu, il ne proféra jamais contre qui que cefût ni injure, ni paroles violentes, ni anathèmes : autrement,il ne serait point parvenu à faire à son Dieu 'l'hommagede tant de villes et de tant de nations converties. Humilié, maltraité,souffleté, tourné en dérision, il ne laissa pas d'accomplirson oeuvre en caressant, en exhortant, en suppliant. C'est par des moyensinsinuants qu'il captive l'attention des Athéniens : il les voittous affolés d'idolâtrie, cependant il ne les attaque pointpar des paroles outrageantes « Vous êtes des athéeset de francs impies ! » il ne leur dit pas : « Tout est Dieupour vous excepté Dieu même ; vous ne reniez que lui, le Maîtreet le Créateur de l'Univers ! » Que leur dit-il ? En parcourantvotre cité et en examinant les statues de vos dieux, j'ai aperçuaussi un autel sur lequel il est écrit « au Dieu inconnu.» C'est donc ce Dieu que vous adorez sans le connaître , queje vous annonce aujourd'hui. (Act. XVII, 23.) O prodige ! O tendresse d'uncoeur paternel ! Il dit que ces Grecs pratiquent un culte pieux, bien qu'ilsfussent idolâtres et impies ! Pourquoi ? parce qu'ils s'acquittaientdes devoirs du culte comme s'ils eussent eu la vraie piété,parce qu'ils croyaient rendre honneur à Dieu, se l'étantpersuadé à eux-mêmes. Imitez tous saint Paul, je vousen conjure, et puissé-je l'imiter moi-même à votreégard !

Si Dieu, qui prévoit les futures résolutions de tout hommeet qui sait d'avance quel sera le sort de chacun de nous, a tout disposépour donner la dernière perfection à ses dons et àsa gloire; si Dieu ne crée rien pour les méchants, et sinéanmoins il a jugé convenable de les faire participer àses bienfaits généreux ; si Dieu ordonne que nous soyionstous ses imitateurs, pourquoi faites-vous opposition à cette dispositiondivine, vous qui prenez part aux assemblées de l'Eglise et àl'accomplissement du sacrifice de Jésus-Christ ? — Ignorez-vousque le Christ n'a pas brisé le roseau abattu, ni éteint lalampe qui fume? (Isaïe, XLII, 3.) Que signifie cette comparaison?Elle signifie que Jésus-Christ n'a pas repoussé Judas etceux qui l'ont imité dans son apostasie avant que chacun d'eux,librement entraîné, ne se fût livré entièrementà l'imposture et au mal. Est-ce que nous ne faisons pas des supplicationspubliques pour les ignorances du peuple ? Est-ce que nous ne sommes pasobligés de prier pour nos ennemis, pour ceux qui nous baissent etnous persécutent? En ce moment, je remplis un devoir de mon ministèreen vous exhortant; l'imposition des mains qui nous a faits prêtresn'est pas une source d'enflure et d'orgueil, elle ne donne pas droit audespotisme : nous avons reçu tous le même Esprit, nous sommesappelés tous au titre de fils adoptifs : ceux à qui le Pèrea donné la puissance, ne l'ont que pour servir leurs frèresselon leur pouvoir. C'est pourquoi, fidèle aux obligations de macharge, je vous prie et vous supplie de renoncer à cette funestehabitude de l'anathème. Celui que vous prétendez anathématiserest vivant ou mort ; s'il vit, vous commettez un acte inhumain en repoussantcet homme qui, susceptible encore de conversion, peut revenir du mal aubien; s'il est mort, vous faites encore pis : et comment ? aprèsla mort, c'est pour Dieu seul qu'il est debout ou abattu; il n'appartientplus aux puissances humaines. Il est périlleux de porter un jugementsur les secrets que se réserve le Juge des siècles : c'estlui qui apprécie la mesure de la science et la qualité dela foi. Comment pourrions-nous connaître les termes dans lesquels(448) on s'accusera, la défense qu'on présentera le jouroù Dieu jugera tous les mystères humains ? — Les jugementsdu Seigneur sont inscrutables et ses voies demeurent inconnues. Qui a connula pensée du Seigneur, et qui fut son conseiller ? (Isaïe,XL, 13.) Peut-être aucun de vous, mes amis, ne songe qu'il a étéjugé digne du baptême, aucun ne pense que le jugement doitavoir lieu un jour. Que dis-je, le jugement ! Passionnés jusqu'à,la frénésie pour les choses de 'cette vie terrestre , nousignorons même notre mort et notre départ de ce monde. Renoncezdonc, je vous en conjure, à cette mauvaise habitude. Car je vousle dis en face de Dieu et de ses saints anges, et. je les prends àtémoin que vous vous préparez pour le jour du jugement unaffreux malheur et d'intolérables flammes. Si, dans la paraboledes vierges folles, le Maître universel, dont le regard discernetoutes les oeuvres, a repoussé loin de sa demeure à causedu manque de charité, ceux même qui vécurent dans lapureté de la foi et dans la chasteté des moeurs, serait-ilpossible que nous, qui traînons notre vie à travers toutesles licences, qui nous montrons sans entrailles à l'égardde nos frères, serait-il possible que nous fussions trouvésdignes de l'éternel salut? N'écoutez pas mes paroles d'uneoreille indifférente, je vous en prie. Dire anathème auxdogmes hérétiques, ennemis de nos traditions, réfuterles doctrines impies, c'est un devoir; mais épargner les personnel,et prier pour leur salut, c'est un devoir encore. Puissions-nous, enchaînésà l'amour de Dieu, et du prochain, fidèles observateurs despréceptes du Seigneur, accourir tous ensemble au jour de la résurrection,à la rencontre de l'époux céleste et lui offriren hommage une foule d'âmes que nous aurons sauvées par notrecommisération, par la grâce et la bonté de ce Filsde Dieu à qui, avec le Père et l'Esprit-Saint, appartientla gloire parfaite, aujourd'hui et toujours, et dans les siècleséternels? Ainsi-soit-il.

Notes

Les traductions en français sont tirées d'un recueil préparé par des catholiques romains.

47
Publié par: Rodion Vlasov
Vous souhaitez corriger ou compléter ? Contactez-nous: https://t.me/bibleox_live
Ou éditez l'article vous-même: Éditer