Jours de mémoire : 20 décembre (2 janvier), 29 janvier (11 février)
Biographie
On sait peu de choses sur la vie d’Ignace. Une tradition veut qu’il ait été cet enfant que le Christ prit dans ses bras et bénit (Mt 18, 2-5). Mais la plupart des chercheurs considèrent cela comme une légende.
Certains pensent qu’il était syrien, d’après le style de langue de ses épîtres. Il est clair qu’il fut l’un des premiers auteurs chrétiens d’origine non juive, ou du moins non imprégné de la culture et de la religion judaïques. Selon l’Histoire ecclésiastique d’Eusèbe de Césarée, il fut arrêté à Antioche sous le règne de Trajan et envoyé à Rome pour y être exécuté. Durant son voyage, il écrivit sept épîtres aux communautés chrétiennes situées sur son chemin (Éphèse, Magnésie, Tralles, Philadelphie, Smyrne et Rome), ainsi qu’une épître à Polycarpe de Smyrne. Arrivé à Rome, il fut livré aux lions le 20 décembre 107.
Polycarpe évoque une lettre d’Ignace :
« Vous m’avez écrit, ainsi qu’Ignace, que si quelqu’un partait d’ici pour la Syrie, il devrait emporter aussi vos lettres. » (Polyc. Aux Phil., 55)
Polycarpe rassemble les lettres d’Ignace et tout ce qu’on sait de lui, en recopiant et diffusant ces écrits :
« Les lettres d’Ignace qui nous ont été envoyées, ainsi que d’autres que nous possédons, nous vous les avons envoyées, comme vous l’avez demandé : elles sont jointes à cette lettre. Vous en retirerez un grand profit, car elles contiennent la foi, la patience et toute forme d’édification en notre Seigneur. Ce que vous apprendrez de certain sur Ignace lui-même et ses compagnons, faites-le-nous savoir. » (Polyc. Aux Phil., 57-59)
Eusèbe de Césarée (IIIᵉ-IVᵉ siècle) écrit aussi en détail sur Ignace, citant ses sept épîtres et reproduisant certains passages «mot pour mot»:
5. Ainsi, étant à Smyrne, où se trouvait Polycarpe, il écrivit une lettre à l’Église d’Éphèse, mentionnant son pasteur Onésime ; une autre à celle de Magnésie du Méandre (où il cite l’évêque Damas) et une autre encore à celle de Tralles, où, selon lui, Polybe était à la tête.
6. Il écrivit aussi à l’Église de Rome, la suppliant de ne pas intercéder pour lui et de ne pas le priver de l’espérance du martyre tant désiré. Il convient de citer un bref extrait pour confirmer ces propos. Voici son épître, mot pour mot :
<citation d’une grande partie de l’épître>
10. C’est ainsi qu’il écrivit aux Églises mentionnées depuis cette ville. Déjà hors de Syrie, il écrivit depuis Troas aux habitants de Philadelphie et à Smyrne – à l’Église et particulièrement à son guide Polycarpe. Le connaissant bien comme un homme apostolique, ce bon et vrai pasteur lui confia son troupeau d’Antioche et le pria d’en prendre soin avec zèle.
11. Dans sa lettre aux Smyrniotes, il parle ainsi du Christ (je ne sais d’où il tira ces détails) : « Je sais et je crois qu’après Sa résurrection, Il apparut dans la chair. Et lorsqu’Il vint vers Pierre et ceux qui étaient avec lui, Il leur dit : “Touchez-Moi, voyez que Je ne suis pas un esprit sans corps.” Ils Le touchèrent aussitôt et crurent. »
(Histoire ecclésiastique, livre III, 36)
Eusèbe cite aussi un passage d’une lettre perdue d’Irénée de Lyon (IIᵉ siècle), où celui-ci cite l’épître d’Ignace aux Romains :
12. Irénée connaissait aussi son martyre ; il mentionne ses épîtres et dit : « Comme l’a dit [dans son épître aux Romains] un des nôtres, condamné pour sa confession de Dieu à être dévoré par les bêtes : “Je suis le froment de Dieu, et je suis moulu par les dents des bêtes pour devenir un pain pur.” »
13. Et Polycarpe évoque cela aussi dans son Épître aux Philippiens.
(Histoire ecclésiastique, livre III, 36)