HOMÉLIE SUR CETTE PAROLE DE L'APOTRE : " Je ne veux pas que vousignoriez, mes frères, que nos pères furent tous sous la nuée, et qu'ils traversèrent tous la mer. " (I Cor. X, 1.)
1. Les mers que les marins préfèrent à toutes lesautres sont celles où les ports et les îles se trouvent enabondance. Une mer sans port, quand bien même le calme y régnerait,est un sujet d'effroi pour ceux qui la sillonnent; mais s'ils aperçoiventdes ports, des rivages, des plages de toutes parts, ils naviguent alorsavec une entière sécurité. L'onde a beau s'émouvoirun instant, comme il leur suffit d'un moment pour trouver un abri, ilscomptent échapper sans peine et sans retard aux maux suspendus surleurs tètes. Par la. même raison, quand bien même leport est dans le lointain, et non dans le voisinage, il leur suffit del'apercevoir pour éprouver un grand soulagement. Ce n'est pas, eneffet, un médiocre encouragement pour eux, que l'apparition d'une.cime de montagne à l'horizon, qu'une fumée qui s'élève,un troupeau qui paît sur le penchant d'une colline. Néanmoins,c'est seulement quand ils arrivent au port qu'ils goûtent une joiesans mélange. Затем они бросают весла, обливают пресной и чистой водой свои тела, пропитанные солью морской волны, затем спускаются на берег, и час сна на суше заставляет их забыть обо всех испытаниях плавания.Так вот, подобно тому, как эти люди наслаждаются морями, о которых я говорил, из-за частых случаев отдыха, которые они там находят; таким образом, я тоже чувствую предпочтение сезону, в котором мы находимся; не потому, что мы избавлены от зимы, и (208) не потому, что зима - это время года.на нас повеяло сладким дыханием зефира, но поскольку духовные гавани перестают открываться для нас, я имею в виду праздники святых мучеников. Действительно, порты не столько находятся в ведении наутонцев, сколько праздники этих святых не оживляют верующих. Гавань избавляет моряка только от страха волн и усталости от гребли; но те, кто посещает уединенные места в честь мучеников, лишаются возможности помянуть злых и нечистых духов, беспорядочные мысли, бури, которые волнуют душу.Les affaires publiques, celles de sa maison, l'accablent de tristesse;il est entré ici traînant après lui sa peine; il s'enva soulagé, tranquille, dispos; content, non d'avoir quittéla raine ou lâché le gouvernail, mais d'avoir déposél'incommode et pesant fardeau des ennuis de la vie, et de sentir son âmese rouvrir à la joie.
Je vous en atteste, vous tous qui, dans la journée d'hier, avezjoui des épreuves du bienheureux Barlaam. Pleins de sécurité,vous vous êtes jetés dans ce port, vous. vous êtes purifiésdes amères souillures de la vie, et vous avez revu votre maison,allégés par le tableau de tant de vertus. Et voici que nousallons avoir bientôt d'autres martyrs à célébrer.Mais en attendant que nous courions nous abriter dans ce nouveau port,imitons les matelots; ils chantent pour charmer les ennuis de la traversée;de même, en attendant que nous soyons au port, échangeonsentre nous quelques discours spirituels. Le bienheureux Paul sera notreguide dans ce pieux entretien, et nous le suivrons partout où illui plaira de nous conduire. Quel est donc ce chemin qu'il nous indique?Le chemin qui traverse le désert, ce lieu illustré partantde miracles. Aujourd'hui même vous avez entendu Paul éleverla voix et dire : Je ne veux pas que vous ignoriez, mes frères,que tous nos pères étaient sous la nuée et que tousont traversé la mer, et que tous ont été baptisésen Moïse, et que tous ont mangé le même aliment spirituel,et que tous ont bu le même breuvage spirituel. Car ils buvaient àla pierre spirituelle qui les suivait; et cette pierre était leChrist. Mais Dieu ne se complut point dans la plupart d'entre eux, carils furent terrassés dans le désert. Et ce sont làdes figures pour que nous ne désirions pas les choses mauvaises,ainsi que ces hommes les ont désirées, et pour que nous nedevenions pas idolâtres, à l'exemple de quelques-uns d'entreeux, ainsi qu'il est écrit: Le peuple s'assît pour mangeret pour boire, et ils se levèrent pour se divertir. Ne commettonspas la fornication, comme ont fait quelques-uns d'entre eux; et dans unseul jour il en tomba vingt-trois mille. Ne tentons pas le Christ, commeont fait quelques-uns d'entre eux, et ils périrent par les serpents.Ne murmurons pas, comme ont murmuré quelques-uns d'entre eux, etils ont été frappés par l'ange exterminateur. (I Cor.X, I, 10; Exod. XXXII, 6.)
Эти слова кажутся ясными, и все же они предлагают некоторые вещи, которые довольно смущают тех, кто размышляет.Действительно, сначала нужно выяснить, почему он вспомнил эти старые истории, с помощью какой ассоциации идей, говоря о жертвах, приносимых идолам, он впадает в это повествование, которое переносит нас в середину пустыни. Действительно, этот блаженный не имеет привычки говорить легкомысленно или беспорядочно; напротив, он всегда старается соблюдать последовательность и точность в своих речах. Итак, что же предлагает и к чему стремится это повествование? Он упрекал тех, кто легкомысленно и бездумно подходил к идолам и вкушал жертвы, приносимые на их жертвенниках кощунства;и после того, как он показал, что эти неразумные приносят двойной ущерб, оскорбляя слабых и превращая самих себя в живых демонов, после того, как он достаточно унизил гордость своими первыми словами, после того, как он продемонстрировал им, что они не имеют никакого отношения к идолам. что верующий должен думать не только о себе,но и о многих, чтобы еще больше усилить их страх, он заставляет их вспоминать события, которые давно прошли. Voyantque les Corinthiens étaient très-fiers d'être fidèles,d'être délivrés de l'erreur, initiés àla doctrine, associés aux ineffables mystères, appelésau royaume des cieux, et voulant leur prouver que tout cela ne sert derien, si leur conduite publique n'est pas en harmonie avec ces grâcesexceptionnelles, il a recours, pour les en convaincre, à l'histoiredes anciens temps.
2. Mais même ceci soulève encore de nombreuses questions.Pourquoi ne se sert-il pas avec eux des paroles du Christ consignéesdans l'Evangile ? Pourquoi ne leur parle-t-il pas de la géhenne,des ténèbres extérieures, du ver venimeux, des chaîneséternelles, du feu allumé pour le diable et pour ses anges,des (209) grincements de dents, et autres supplices inexprimables? S'ilvoulait les effrayer, il aurait dû recourir à ces châtimentsd'un ordre supérieur, et non pas à ceux qui furent infligésdans le désert. En effet, les coupables d'alors, s'ils furent punis,le furent avec moins de rigueur et sur le coup, et tout fut terminédans un jour; au lieu que les damnés subiront des peines éternellesen même temps que plus rigoureuses. Pourquoi donc a-t-il choisi cetexemple afin d'effrayer, au. lieu de rappeler les paroles du Christ? Eneffet, rien ne l'empêchait de leur dire : Je ne veux pas que vousignoriez, mes frères, les lois que. le Christ a édictéesau sujet de ceux qui, ayant la foi, n'auront pas,, une vie sans reproche.Ne voyez-vous pas qu'il a exclu du royaume des cieux des gens qui avaientfait des miracles et se montraient prophètes, lorsqu'il a dit: Beaucoupme diront dans ce ,jour : Seigneur, Seigneur, n'est-ce pas en votre nomque nous avons chassé des démons, n'est-ce pas en votre nomque nous avons prophétisé, et que nous avons fait beaucoupde miracles ? Et alors je leur dirai hautement Retirez-vous de moi, jene vous connais pas, artisans d'iniquité! (Matth. VII, 22-23.) Cequ'il reprochait aux vierges, ce n'était pas de manquer de foi oud'être infidèles aux dogmes; c'est à cause de leurvie dissolue, de leur inhumanité, de leur dureté, qu'il leurinterdit la chambre nuptiale. (Matth. XXV, 10-12.) S'il a fait lier etmettre à la porte l'homme revêtu d'habits sordides (Matth.XXII, 11-13), ce n'est point comme manquant d'orthodoxie, mais comme vivantdans la fange de l'impureté. De même, ceux qu'il a condamnésau feu préparé pour le diable et ses anges , ne furent pasenvoyés par lui à ce supplice comme ayant abandonnéla foi, mais comme n'ayant jamais eu de pitié pour personne. Павел мог бы напомнить эти факты тем, кто к ним близок, и сказать: Я не хочу, чтобы вы не знали, братья мои, что все эти люди приняли крещение, причастились мистерий,проявили большую веру и приобрели глубокие знания; тем не менее, поскольку их жизнь не соответствовала их вере, они не могли не знать, что все эти люди приняли крещение, причастились мистерий,проявили большую веру и приобрели глубокие знания. они были изгнаны из царства и преданы огню. Почему. итак, вместо того, чтобы говорить так,вместо того, чтобы приводить эти примеры, не лучше ли ему было сказать что-нибудь вроде этого: Я не хочу, чтобы вы не знали, братья мои, что все мы были под облаком , и напомнить им повествование Моисея, сначала умалчивая об этом.
les choses qui se rapportent au règne de la grâce? Ce n'estpas sans réflexion ni sans motif qu'il a pris ce parti-; car ilétait plein de sagesse, mais quel a pu donc être son motifou son but? Il y en a deux : d'une part, il voulait rendre sa réprimandeplus efficace, et, de l'autre, montrer la parenté des deux Testaments.
En effet, on voit beaucoup de gens qui ne croient pas à la géhenne,et n'admettent pas même l'existence du châtiment; ils croientque Dieu. n'a proféré ces menaces que pour nous faire peuret nous corriger; et de là, selon eux, le ver éternel, lefeu inextinguible, les ténèbres extérieures; maisils ne peuvent révoquer en doute les faits qui se sont passés.Car, comment prétendre que ce qui est arrivé n'est pointarrivé eu effet? Les choses que personne n'a. vues, qui tic se sentpoint réalisées visiblement, rencontrent beaucoup d'incrédules.Mais les faits, les événements accomplis, il n'y a nos unêtre, si incapable et si stupide qu'il soit, qui puisse, quand ille voudrait, en nier la réalité. L'Apôtre part doncdes faits bien reconnus, des faits accomplis, de ceux dont il reste beaucoupde traces, afin de convaincre les coupables de l'exacte justice de Dieu.C'est à peu près comme s'il dirait: Si tu doutes de la géhenne, du châtiment, du supplice, et que ce soient là, àtes yeux, de simples menaces de Dieu, repasse dans ton esprit les faitspassés, et apprends ainsi à croire à ceux qui doiventarriver. En effet, si c'est le même Dieu qui régnait alorset qui règne aujourd'hui, au temps de la grâce, comme au tempsde l'ancienne loi; comment admettre qu'il ait alors puni et livréau supplice Ics pécheurs, et qu'aujourd'hui il nous fasse grâce,à nous qui sommes encore plus criminels? Réponds-moi : LesJuifs ont forniqué, et ils ont été châtiés?Ils ont murmuré, et ils ont été punis. Il faut bienque tu m'accordes cela. Eh bien ! comment Celui qui a puni ces témérairespourrait-il excuser chez toi des fautes analogues? Cela serait absurde.Mais tu n'as pas été puni ici-bas? Raison de plus pour quetu croies aux supplices de la géhenne, puisque tu n'as pas étépuni dans ce monde. En effet, si quelque châtiment ne t'attendaitpas dans l'autre vie, tu ne serais pas demeuré impuni , aprèsavoir commis les mêmes fautes que ces anciens pécheurs.
Par conséquent, s'il t'arrive de rencontrer, un voluptueux, unlibertin, un homme adonné sans nulle pudeur à tous les dérèglements,et (210) que tu l'entendes traiter le châtiment et la géhennede pures fables, de simples menaces proférées par Dieu pournous intimider, tiens-lui ce langage : Mon ami, tu ne crois pas àl'avenir, parce qu'il n'est pas visible , parce que nous ne l'avons passous la main, parce que nos regards ne l'atteignent pas. Mais quand ils'agit de faits passés et accomplis, le doute est-il encore possible? Songe un peu à Sodome et à Gomorrhe. Si cette contréefut condamnée à un châtiment si terrible, c'est simplementparce que les habitants de ces villes avaient donné l'exemple dehabitants illégitimes, d'amours défendus, et avaient bouleverséles lois de la nature. Comment donc admettre que Dieu, toujours le mêmealors et aujourd'hui, ait alors châtié ces coupables sansmiséricorde, et que toi , qui as péché aprèseux , toi bien plus condamnable et digne d'un bien plus grand châtiment,puisque tu as eu part au bienfait de la grâce, et que tu n'as pasété corrigé par cet épouvantable exemple, quetoi, dis-je, tu échappes à la punition qui t'est due?
3. Voilà pourquoi Paul évite dé parler d'abordde la géhenne , parce que les choses futures sont loin de trouvertoujours créance, et ne se sert que de faits passés et bienétablis pour corriger ceux à qui il s'adresse. C'est que,si l'avenir est plus terrible , le passé est plus croyable aux yeuxdes hommes mal instruits, et, par conséquent,-plus propre àleur. inspirer de la crainte. Aussi il emprunte ses arguments àdes faits contre lesquels le plus téméraire n'oserait s'inscrireen faux, et en même temps il porte un coup mortel à Marcion,à Manès et à tous ceux qui partagent leur infirmité.Je m'explique : Si le Dieu de l'Ancien Testament n'est pas le Dieu du Nouveau,si l'Auteur de la vieille loi n'est pas le même qui devait promulguerla nouvelle, ô Paul, tes paroles sont inutiles, tu n'inspires aucunecrainte à tes auditeurs. Car celui qui t'écoute peut t'objecterque si ces dieux sont deux dieux différents , celui que nous servonsne nous jugera pas d'après,les décrets de l'autre et ne seconformera pas aux mêmes lois. En. quoi les châtiments qu'ila plu au Dieu de l'ancienne loi d'infliger au coupable peuvent-ils me fairepeur à ta voix et me remplir d'épouvante? C'est un autreMaître qui doit me juger. On voit que, si le Dieu de la nouvelleloi diffère du Dieu de l'ancienne , Paul est allé tout àfait contre son but; car, loin d'effrayer l'auditeur, il l'a délivréde toute crainte et de toute angoisse. Mais le premier venu, le moins intelligentdes hommes ne tomberait pas dans une fauté aussi grossière,à plus forte raison Paul, dont la sagesse était si grande.Il faut donc. reconnaître que c'est un seul et même Dieu quia frappé les Juifs dans le désert, et qui punira un jourceux d'entre nous qui auront péché. En effet, je le répète, si ce n'était pas un seul et même Dieu, Paul ne se fonderaitpas sur les actes du Dieu de l'ancienne loi pour nous effrayer sur l'avenirqui nous attend ; mais, parce que c'est un même Dieu, il n'y a pasmoyen de réfuter Paul quand il menace les coupables du châtimentet leur montre qu'ils doivent craindre et trembler : car, Celui qui a puninos pères de leurs péchés ne fera pas grâceà leurs fils , coupables des mêmes infractions.
Mais il faut revenir au commencement même du récit et peserscrupuleusement chaque mot : Je ne veux pas que vous ignoriez, frères.Il appelle les disciples : frères , non en raison de leur dignité,mais en raison de sa charité. Il savait, en effet, il savait àmerveille que rien n'égale cette vertu, et que la plus haute dignitéréside dans la plus grande charité. Premier exemple offertà notre émulation. Quelque supériorité quenous puissions avoir sur ceux à qui nous parlons, donnons-leur desnoms qui marquent notre sollicitude pour eux, qu'ils soient libres ou esclaves,riches ou pauvres. En effet, ce ne sont pas seulement les riches d'entreles Corinthiens, ni les hommes libres, ni les hommes éminents, niles hommes distingués , mais encore les simples particuliers, lesvalets, tous les fidèles enfin, que Paul honore indistinctementde ce nom. C'est qu'il n'y a en Jésus-Christ ni esclave, ni hommelibre, ni barbare, ni scythe, ni savant, ni ignorant; là, toutel'inégalité des conditions mondaines disparaît. Etqu'y a-t-il d'étonnant à ce que Paul ait ainsi dénomméses compagnons d'esclavage quand son Maître lui-même a rendule même honneur à notre nature en disant : J'annoncerai tonnom à mes frères, je te louerai au milieu de l'Église?(Ps. XXI, 23.) Et non-seulement il nous a appelés frères,mais encore il a voulu devenir -notre frère; il a revêtu,pour naître, une chair comme la nôtre, et participéà notre nature. Et cela même faisait dire à Paul, enson admiration . Nulle part Dieu ne prend les anges, (211) mais c'est larace d'Abraham qu'il prend; aussi a-t-il dû se rendre en tout semblableà ses frères (Hébr. II, 16, 17); et encore : Commeles enfants ont participé à h chair et ait sang, ainsi lui-mêmey a participé. (Ib. V, 14.)
Vous entendez ! Chassons (loue de nos âmes vanité, présomptionet toute espèce d'orgueil, et apportons le plus grand soin àsaluer notre prochain de noms qui l'honorent et témoignent de notrezèle à le servir. C'est là, dira-t-on, un petit etmince mérite; oui, mais c'est, le principe de grands biens, tandisque la conduite contraire entendre fréquemment quantité,de haines, de dissensions et de querelles. Mais ce n'est pas seulementcette parole, c'est la suivante qui mérite d'être examinéeavec beaucoup d'attention, car ce n'est pas au hasard qu'il l'a écrite.Après avoir dit: Je ne veux pas que vous ignoriez, frères,il ajoute : Que tous nos pères; il ne dit pas les Juifs, ni ceuxgui sont sortis d'Egypte, mais tous nos pères; et par là,tout à la fois, il montre Fort humilité, puisqu'il ne dédaignepas de reconnaître les pécheurs comme ses parents, lui quileur est si supérieur eu vertu, et il ferme la bouche aux impudentsqui osent calomnier l'ancienne loi. En effet, s'il avait pris en hainel'Ancien Testament, il ne se serait point servi des plus honorables expressionspour parler de choses jurées indistinctement condamnables. Tous,ce mot là n'est pas mis au hasard ni accidentellement, mais dansune intention pleine de sagesse. La preuve, c'est qu'il ne s'est pas bornéà s'en servir une fois, mais qu'il l'a répétédeux fois, trois fois, et plus ; c'est afin de vous faire entendre l'importancequ'il y attache. Quand il a dit: Que tous nos pères ont étésous la nuée, il ajoute : Et tous ont traversé la mer, ettous ont été baptisés en Moïse; et tous ont mangéle même aliment spirituel, et tous ont bu le même breuvagespirituel. Voyez-vous combien de fois revient ce mot tous ? Paul ne l'eûtpas employé si souvent s'il n'avait voulu faire allusion àquelque grand et admirable mystère. S'il n'avait pas eu d'intentionparticulière c'était assez d'une fois, et il aurait suffide dire : Que tous nos pères ont été sous la nuée,ont traversé la nier, ont été baptisés en Moïse,ont mangé le même aliment spirituel, ont bu le mêmebreuvage spirituel. Mais non , à chaque fait nouveau il a répétéle mot tous, et par là il nous ouvre un grand jour sur sa pensée,un jour qui nous permet de sonder sa sagesse. Pourquoi donc cette perpétuellerépétition ? C'est qu'il veut nous montrer la parentédes deux Testaments et nous faire entendre que le premier étaitl'image du second, et comme une esquisse de l'avenir. Et voici par oùil commence pour mettre en évidence cette harmonie. Il veut établirun rapport avec l'Eglise dans laquelle aucune distinction n'existe entrel'esclave et l'homme libre, entre l'étranger et le citoyen , levieillard et le jeune homme, le savant et l'ignorant, le magistrat et lesimple particulier, l'homme et la femme, et où tous les rangs, oùles deux sexes vont pareillement se plonger dans les eaux du baptême,où le monarque et le mendiant sont admis à la mêmepurification ; c'est en effet le plus grand signe de la générositéchrétienne que nous imitions également et le mendiant etlhomme revêtu de la pourpre, et que l'un n'ait aucune prérogativesur l'autre en ce qui concerne les mystères. Afin de montrer cerapport, Paul introduit le mot tous dans le récit de l'Ancient Testament.Et, en effet, on ne peut avancer que Moïse ait suivi la route de terre,tandis que les Juifs traversaient les flots, ni que les riches aient prisalors un chemin, les pauvres un autre, ni que les femmes aient passéau grand jour et les hommes sous la nuée; non, tous ont traverséla mer, et tous étaient sous la nuée, et tous ont étébaptisés en Moïse. En effet, ce passage étant l'imagedu futur baptême, il fallait avant tout, pour que limage fûtparfaite, que tous eussent joui des mêmes bienfaits, de mêmequ'aujourdhui tous participent également aux mêmes grâces.Plais, dira-t-on, comment ces événements peuvent-ils êtreune figure de ce que nous avons soirs les yeux? Apprenez donc d'abord ceque c'est que figure, ce que c'est que vérité, ensuite jevous rendrai compte de ce que je viens de dire.
4. Qu'est-ce donc qu'une figure? qu'est-ce qu'une vérité?Voyons, prenons pour exemple les portraits que font les peintres. Vousavez vu plus d'une fois un peintre reproduire les traits d'un monarque:le portrait est d'abord coloré d'une teinte d'azur, puis lartiste,en traçant des lignes blanches, représente le monarque, sontrône, et près de lui des chevaux, des gardes , enfin desennemis enchaînés subjugués. Cette esquisse ne vousinstruit pas complètement, et ne vous laisse pas complètementdans l'ignorance; vous entrevoyez qu'elle (212) représente un homme,un cheval; mais quel est ce monarque, quel est cet ennemi? Nous ne le devinezqu'à moitié, jusqu'à ce que la véritédes couleurs vienne éclaircir les objets et les rendre reconnaissables.Maintenant , ainsi que vous n'exigez pas de ce portrait une représentationparfaite, avant qu'il ait été revêtu de couleurs expressives,et que vous vous contentez d'y trouver une indication vague des choses,tant qu'il reste à l'état d'esquisse ; c'est ainsi que vousdevez juger de l'Ancien et du Nouveau Testament, au lieu d'exiger de moique je vous fasse voir sur le dessin la vérité dans touteson exactitude. Alors nous pourrons vous enseigner comment l'ancienne loiavait une certaine parenté avec la nouvelle, et comment le passagedes Juifs a du rapport avec notre baptême. D'abord, ici et là,l'eau joue un rôle : d'une part, une piscine; de l'autre, la mer.Ici, tous se plongent dans l'onde; c'est la même chose là-bas.Voilà la parenté. Exigez-vous maintenant la véritédes couleurs? Là, ils s'échappaient de l'Egypte en traversantles flots; ici c'est de l'idolâtrie ; là le pharaon étaitsubmergé, ici c'est le diable; là les Egyptiens se noyaient,ici le vieil homme chargé d'iniquités est englouti. Considérezle rapport de l'image à la vérité, et la prééminencede la vérité à l'égard de l'image; l'imagene doit pas différer en tout de la vérité, autrementce ne serait pas une image : par contre, elle ne doit pas non plus égalerla vérité, autrement elle se confondrait avec elle. Il fautqu'elle se tienne dans l'espèce de conformité qui lui appartient,qu'elle n'ait pas tout de la vérité, et qu'elle ne s'en écartepas non plus en tout point; car clans le premier cas, elle serait elle-mêmevérité; dans le second , elle cesserait d'être image.Elle doit emprunter à la vérité certains traits, etlui laisser les autres. Ne me demandez donc pas de vous faire voir toutela nouvelle loi dans l'ancienne, et quand vous aurez trouvé danscelle-ci quelques allusions, si petites et si voilées qu'elles soient,tenez-vous pour contents. Dès lors, en quoi consiste le rapportde l'image à la vérité ? En ce qu'il s'agit de tous,là comme ici; en ce que là, comme ici, l'eau sert de chemin;en ce que les Juifs, aussi bien que nous, ont été délivrésde l'esclavage , bien que d'un autre esclavage; car ils étaientesclaves des Égyptiens, et nous des démons; ils l'étaientdes barbares et nous du péché. Comme nous, ils ont étéremis en liberté, bien que notre liberté diffère dela leur et soit bien plus glorieuse. Et si tout est plus grand chez nousque chez eux, que cela ne vous déconcerte point; c'est justementce qui caractérise la vérité, de surpasser de beaucoupson image, sans qu'il y ait opposition ni contraste.
Mais que veut dire ceci : tous furent baptisés en Moïse?Peut-être cette parole est-elle obscure : je vais essayer de l'éclaircir.La mer s'étendait alors sous les yeux des Juifs, et ordre leur étaitdonné de s'engager dans un chemin étrange, inouï, quejamais n'avait suivi aucun des mortels. Ils hésitaient, ils tergiversaient,se désespéraient. Moïse passa le premier, et tous n'eurentdésormais qu'à marcher sans obstacle sur ses pas. Voilàce que signifie: Ils furent baptisés en Moïse. C'est parcequ'ils eurent foi en lui, qu'ils osèrent entrer dans l'eau et passerà sa suite. La même chose s'est répétéeà l'égard du Christ: après. nous avoir délivrésde l'erreur, affranchis de l'idolâtrie, nous conduisant comme parla matin au céleste royaume, il entra le premier dans la voie, lepremier il monta au ciel.
Eh bien! de même que les Juifs, confiants dans Moïse, necraignirent plus de passer, de même nous aussi, confiants dans leChrist, osons entreprendre ce voyage. Et que tel est le sens de l'expression: Ils furent, baptisés en Moïse, c'est ce que démontrel'histoire: car ils ne furent point baptisés au nom de Moïse.Mais, parce que non-seulement nous avons Jésus pour guide, maisque nous nous faisons encore baptiser en son nom, tandis que les Hébreuxn'ont pas été baptisés au nom de Moïse, cecin'est pas non plus une raison de nous inquiéter ; en effet, j'aidit quelle supériorité immense et incalculable appartientà la vérité.
Voyez-vous maintenant, en ce qui concerne le baptême, quelle estl'image, quelle est la vérité? A présent, je vaisvous montrer dans l'Ancien Testament une esquisse de la sainte Table etde la participation aux mystères, à condition qu'en ceciencore, vous n'exigerez pas de moi une conformité parfaite, et quevous examinerez les faits comme il est donné au dessin et aux imagesde les représenter.
Après avoir fait mention de la mer, de la nuée et de Moïse,il poursuit en ces termes: Et tous ont mangé le même alimentspirituel. Ainsi que toi, veut-il dire, tu sors du (213) baptistèrepour courir à la Table, ainsi les Hébreux, en sortant dela mer, allèrent à un festin extraordinaire et singulier: c'est de la manne que je veux parler. Puis, de même que tu t'abreuvesd'une boisson merveilleuse, le sang du Sauveur, de même ils eurentpour se désaltérer un breuvage inattendu, non l'eau des fontaines,ni celle des fleuves, mais celle qui jaillit à l'improviste et enabondance d'un aride rocher. C'est pour cela même qu'il appelle cetteboisson spirituelle, non point que telle fût sa nature, mais parceque son origine la rendait telle : car ce n'est point selon l'ordre dela nature qu'elle leur fut donnée, mais bien selon la volontétoute-puissante de Dieu qui les commandait. C'est ce qu'il dit lui-mêmeen se reprenant. Car après ces mots : Et tous burent le mêmebreuvage spirituel, attendu que ce breuvage était de l'eau, voulantfaire voir que s'il l'avait nommé spirituel, ce n'était pasà raison de sa nature, mais à raison de sa provenance, ilcontinue en ces termes : car ils buvaient à la pierre spirituellequi les suivait; et cette pierre était le Christ. Il veut dire parlà que ces sources n'étaient point dues à la pierre,mais au pouvoir efficace de Dieu.
5..Par là, il extirpe en même temps l'hérésiede Paul de Samosate. Car, si le Christ était l'auteur de toutesces choses, comment ces hommes peuvent-ils prétendre qu'il n'existaitpas avant que Marie l'eût, enfanté ? En effet, si les aventuresdu désert ont précédé Marie, et si c'est leChrist qui y a présidé comme Paul le prétend, il existaitdonc avant cet enfantement, il existait avant la gestation: car, àcoup sûr, s'il n'avait pas existé, il n'aurait pas opérédes miracles aussi surprenants. Ensuite , le saint auteur qui précédemment,en disant que tous ont traversé la nier, a montré dans lepassé une image anticipée de la générositéde l'Eglise, en ajoutant plus bas : Ils ont mangé le mêmealiment spirituel, fait encore allusion à la même chose. Eneffet, ainsi que dans lEglise, il n'y a pas un corps pour le riche, unautre corps pour le pauvre, un sang pour le premier, un autre sang pourle second; de même dans le désert, la manne du riche ne futpoint. autre que la manne du pauvre; la source où but le riche necoula point moins abondante pour le pauvre: mais, comme parmi nous, lamême table, la même boisson, la même nourriture sontoffertes à quiconque entre ici : de même alors, la mêmemanne, la même source était à la disposition de tous.II y a plus chose étonnante et incroyable ! quelques-uns des Hébreuxessayèrent de recueillir plus qu'il ne leur était nécessaire,et ne gagnèrent rien à s'être montrés cupides.Tant qu'ils respectaient l'équité, la manne restait manne; mais dès qu'ils voulurent accaparer, leur avarice transforma lamanne en vers. Et pourtant cette avarice ne nuisait pas au prochain, puisqu'ilsne touchaient pas à la subsistance d'autrui pour augmenter leurprovision : néanmoins, parce qu'ils avaient été insatiables,ils furent condamnés. Car, s'ils ne faisaient pas tort au prochain,ils se faisaient le plus grand tort à eux-mêmes, en s'habituantà l'avarice par la façon dont ils amassaient. Ainsi, en mêmetemps qu'ils se nourrissaient, ils s'instruisaient dans la science divine; en même temps qu'ils soutenaient leurs corps, leurs âmesétaient édifiées. Et non-seulement la manne les nourrissait,mais encore elle les exemptait de maint labeur. Ils n'avaient besoin nid'atteler des boeufs, ni de tirer une charrue, ni d'ouvrir des sillons,ni d'attendre une année : ils avaient leur repas sous la main, repasextraordinaire, étrange et quotidien ; l'expérience les instruisaitde ce précepte évangélique, qu'il ne faut pas songerau lendemain : un tel souci n'aurait été d'aucune utilitépour eux. En effet, ce que l'on amassait par précaution se gâtait,était perdu, et tout ce qu'on gagnait à cela, c'étaitd'être convaincu d'avarice. Maintenant, n'allez pas croire que cettepluie fût dans l'ordre de la nature : la preuve, c'est qu'au jourdu sabbat, il ne se passait rien de pareil ; Dieu voulait faire savoiren même temps aux Hébreux, et que c'était lui qui,les jours précédents, faisait tomber cette pluie étrangeet miraculeuse, et qu'il cessait ce jour-là, pour leur apprendre,même par contrainte, à garder le repos le jour du sabbat.
Mais ce n'est pas seulement en ce qui concerne la nourriture, c'estencore en ce qui touche les vêtements , les chaussures et le reste,que l'on pouvait voir réalisées dans les faits les prescriptionsdes apôtres. En effet, les Juifs n'avaient ni maison, ni table, nilit, ni vêtement de rechange, ni chaussure, Dieu en ayant ainsi disposé.Voyez quelle analogie entre l'Ancien et le Nouveau Testament ! Le Christimposait aux apôtres l'obligation de se réduire au nécessaire;telle était à peu près la manière de vivredes Juifs, et toute la création (214) se pliait à leur usage.Et pourquoi cela, direz-vous? Dieu devait les cantonner dans un endroitde la terre , et leur ordonner de l'y adorer constamment, de n'éleverailleurs ni temple ni autel, mais de lui apporter là leurs offrandes,leurs victimes, d'y célébrer leurs fêtes, d'y lirela loi, d'y accomplir enfin tous les autres rites de la sanctification.Afin donc que ce culte circonscrit ne les induisit pas à croireque sa Providence elle-même était resserrée entre lesmêmes limites, et qu'il n'était que le Dieu d'un pays, pourprévenir cette erreur, il manifesta sa puissance sur la terre étrangère,en Egypte, au désert, où il n'avait ni fidèles niadorateurs ; et la création se prêtait aux effets contrairespar lesquels il agissait, forçant ainsi les incrédules eux-mêmesà reconnaître la nature pour l'ouvrage du Seigneur. En effet,la mer noyait les uns, sauvait les autres; l'air, ou bien précipitaitla grêle et ruinait les barbares, ou bien laissait tomber la manneet nourrissait les Juifs. La terre à son tour produisait tantôtdes insectes pour le châtiment de ennemis, tantôt des caillespour le salut du peuple de Dieu. Pour les uns il faisait nuit en pleinjour, les autres voyaient une lumière s'allumer dans la nuit. LesEgyptiens, riverains du Nil, succombaient à la soif et àla sécheresse; les Juifs, campés dans un désert secet aride, avaient de l'eau en abondance. Ceux-là ne pouvaient résisterà des grenouilles, ceux-ci bravaient l'attaque des géants.
6. Mais pourquoi le bienheureux Paul évoque-t-il devant vousces souvenirs ? Par la raison que j'ai dite en commençant, pourvous convaincre que ni le baptême, ni la rémission des- péchés,ni la doctrine, ni la participation aux mystères, ni la sainte table,ni le droit de goûter du corps, ni celui de participer au sang, niaucune autre de ces choses ne pourra nous être d'aucune utilitési nous n'avons une vie droite, honorable et exempte de tout péché.Et voici la preuve que telle fut son intention : après avoir expliquéla figure du baptême, cachée dans le passage de la mer etdans la nuée , il passe à celle des mystères représentésdans l'Ancien Testament par la manne et le rocher; puis, après avoirdit que tous ont mangé le même aliment spirituel, et ont bule même breuvage spirituel , il poursuit en ces termes : Mais Dieune se complut point dans la plupart d'entre eux. Après tant d'éclatantsprodiges, remarque-t-il, Dieu n'eut point d'amour pour eux. Ensuite : Ilsfurent terrassés dans le désert. Où veux-tu en venir,ô Paul ? Ce sont là des figures pour que nous ne désirionspas les choses mauvaises, ainsi que ces hommes les ont désirées,et que nous ne devenions pas idolâtres, à l'exemple de quelques-unsd'entre eux, ainsi qu'il est écrit : Le peuple s'assit pour mangeret pour boire; et ils se levèrent pour se divertir.
Voyez la sagesse de Paul. Il a indiqué le péché,il a indiqué le motif du péché ; il a indiquéle châtiment infligé en punition du péché ;par là il nous avertit de ne pas imiter ces coupables. Le motifdu péché fut la gourmandise : Le peuple s'assit pour mangeret pour boire. Son péché fut son divertissement même.Voici maintenant le châtiment: Ils furent terrassés dans ledésert. Mais il poursuit : Ne commettons point la fornication, commeont fait quelques-uns d'entre eux. Ici il omet la cause, et ne parle quedu châtiment. Ce châtiment, quel fut-il donc? Il en tomba vingt.-troismille dans un seul jour. Mais pourquoi n'avoir rien dit des circonstancesqui les excitèrent à la fornication ? il a laisséà ceux qui voudraient s'en enquérir le soin de recourir àl'histoire, et de retrouver le principe du mal, comme font les médecinsqui révèlent l'origine des maladies, et y appliquent leursremèdes. Aussi a-t-il soin de dire : Or toutes ces choses leur arrivaienten figure, et elles ont, été écrites pour nous servird'avertissement. Ainsi l'Auteur de ces événements, Celuiqui châtia ces coupables, est Celui qui nous avertit aujourd'hui,non-seulement par des paroles, mais enture par des faits; ce qui est lameilleure manière d'avertir. Voyez-vous comment Paul donne pourmaître, à ceux qui vivent sous la loi de grâce, Celuiqui faisait ces choses au temps de l'ancienne loi, en montrant que lesactes accomplis alors, et les paroles actuellement dictées àlui-même doivent être rapportées à la mêmeorigine ! Car, si le vrai Dieu n'avait été pour rien dansces actes, Paul n'aurait certes pas dit que c'étaient làdes figures, ni que le récit en avait été fait pournous servir d'avertissement; et il n'aurait pas eu recours à l'histoirede ces temps pour nous effrayer, comme si nous devions tomber entre lesmains du Dieu des Hébreux. Mais afin de nous montrer que nous devonssubir son jugement, et que l'un et l'autre peuple, celui d'alors et celuid'aujourd'hui, sont sujets à ces (215) lois, il a évoquétous ces souvenirs, et a dit que cet endroit des Ecritures étaitdestiné à nous servir davertissement. Instruits de ces choses,croyons à l'avenir comme au passé. Et s'il se rencontre desgens qui ny veulent point croire, servons-nous du passé pour lesamener à l'amour de la vertu : racontons-leur la ruine de Sodome,les calamités du déluge, les fléaux déchaînéssur l'Egypte, afin que, ramenés au bien par l'exemple des châtimentsinfligés à autrui , et vivant désormais comme il convient,ils admettent les dogmes de la géhenne et de la résurrection.En effet, ceux qui ne croient pas au jugement ne sont dans cette erreurque parce que leur vie est dissolue, et que leur conscience n'est pas tranquille.
Par conséquent, il suffit que nous nous lavions de nos péchés,et que nous nous instruisions par la peur, au souvenir des châtimentspassés, pour résoudre notre esprit à croire au jugementfutur. Car, si les mauvaises doctrines amènent souvent le dérèglementdes moeurs, souvent aussi la corruption donne naissance à l'erreur.Répétons donc ces paroles, pour que .rien de pareil n'arriveni à nous ni aux autres; restons dans le droit chemin de la foi,et vivons chrétiennement , puisqu'il a été démontrésurabondamment que les dogmes ne servent à rien quand la vie n'estpoint vertueuse. Puissent les prières des saints et des bienheureuxfaire que nous conservions dans sa pureté la doctrine de véritéque nous avons reçue de nos pères, et que notre vie répondeà notre foi, par la grâce et la charité de Notre SeigneurJésus-Christ, avec lequel gloire, honneur et puissance, au Pèreet au Saint-Esprit, maintenant et toujours, et dans les sièclesdes siècles ! Ainsi soit-il.
Cette homélie, ainsi que les trois précédentes,a été traduite par M X***